BULLETIN du MUSÉUM NATIONAL d’HISTOIRE NATURELLE PUBLICATION BIMESTRIELLE zoologie 70 N° 91 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1972 i i BULLETIN du MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE 57, rue Cuvier, 75005 Paris Directeur : P r M. Vachon. Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst. Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot. Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier. Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle. Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis 1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science. Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970), constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers. A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique — Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés. S’adresser : — pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’IIis- toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 9062-62) ; — pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum 36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 — Crédit Lyonnais, agence Y-425) ; — pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Abonnements : Abonnement Général : France, 260 F ; Étranger, 286 F. Zoologie : France, 200 F ; Étranger, 220 F. Sciences de la Terre : France, 50 F ; Étranger, 55 F. Sciences de l’Homme : France, 45 F ; Étranger, 50 F. Botanique : France, 40 F ; Étranger, 44 F. Sciences Physico-Chimique : France, 15 F ; Étranger, 16 F. BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE 3 e série, n° 91, septembre-octobre 1972, Zoologie 70 SOMMAIRE J.-P. Trilles. — Les Cymotlioidae (Isopoda, Flabellifera) des côtes françaises. (Sys¬ tématique, faunistique, écologie et répartition géographique.) I. Les Cerato- thoinae Schiœdte et Meinert, 1883. 1191 — Les Cymothoidae (Isopoda, Flabellifera) du Muséum national d’Histoire natu¬ relle de Paris. Etude critique accompagnée de précisions en particulier sur la répartition géographique et l’écologie des différentes espèces représentées. I. Les Ceratothoinae Schiœdte et Meinert, 1883. 1231 — Sur la structure des pléopodes et des oostégites chez les Cymothoidae (Isopoda, Flabellifera) et ses rapports avec les caractéristiques écologiques des espèces. . 1269 91, 1 Les Cymothoidae (Isopoda, Flabellifera) des côtes françaises (Systématique, faunistique, écologie et répartition géographique) I. Les Ceratothoinae Schiœdte et Meinert, 1883 par Jean-Paul Trilles * Résumé. — Une étude systématique, faunistique et écologique a été réalisée sur les Cerato¬ thoinae (Isopoda, Flabellifera, Cymothoidae) des côtes de France. Sept espèces sont signalées et redéerites. Une mise au point est effectuée sur leur synonymie et nos connaissances actuelles concernant leur répartition géographique et leur habitat parasitaire. Abstract. — This work is a systematic, faunistic and ecological study about t.he Freneh Ceratothoinae (Isopoda, Flabellifera, Cymothoidae). Seven species are noted and described again. Their synonymy, geographical distribution and parasitical habitat are precised. Cette publication est la première d’une série qui doit nous permettre de réaliser un inventaire faunistique et écologique des Cymothoidae des côtes de France. Toutes les espèces que nous avons récoltées jusqu’à ce jour seront successivement étudiées et décrites ; leur répartition géographique et leur habitat seront précisés. Mais on pourra toutefois remarquer l’absence de longues diagnoses, telles que celles que Ton peut lire dans le « Symbolae ad Monographiam... » de Schiœdte et Meinert. C’est volon¬ tairement que nous avons négligé les longues descriptions qui, à notre sens, n’apporteraient rien de plus à une illustration détaillée amplement suffisante. Pour chacune des espèces étudiées, nous avons d’autre part apporté la plus grande attention à la synonymie et aux diverses mentions dont elle a été l’objet. Certes, les listes bibliographiques que nous indi¬ quons n’ont pas la prétention d’être exhaustives, mais on pourra y relever des références qui sont souvent, sinon ignorées, du moins négligées. Cette étude faunistique des Cymothoadiens français, nous la commençons par l’exa¬ men de la tribu des Ceratothoinae sensu Schiœdte et Meinert. Ces Cymothoidae appar¬ tiennent à la catégorie écologique des « Cymothoadiens buccaux » (Trilles, 1968) ; en effet, ils vivent dans la cavité buccale des poissons hôtes (sur le plafond, le plancher ou le fond), plus rarement au niveau des cavités branchiales (parfois les individus en phase sexuelle mâle). En France, ces parasites sont à l’heure actuelle représentés par deux genres et sept espèces qui, si elles ne sont certainement pas les seules de notre faune cymothoadienne, en sont certainement les plus fréquentes. * Groupe d’Ecophysiologie, Laboratoire de Physiologie des Invertébrés, Université des Sciences et Techni¬ ques du Languedoc, 34000 Montpellier. 1192 JEAN-PAUL TRILLES Tribu des CERAT0T1IOINAE Schiœdte et Meinert, 1883 Genre EMETHA Schiœdte et Meinert, 1883 Emetha audouini (Edwards, 1840) (Fig. 1-45, pl. I [1, 2, 3], III [18]) A l’heure actuelle, c’est la seule espèce connue du genre Emetha. En effet, il n’est pas douteux que l’espèce Emetha. adriatica récoltée par Bovallius (1885) dans l’Adriatique correspond à l’espèce Emetha audouini successivement signalée de cette mer par Hel- ler (1866), Stalio (1877), Stossich (1880), Schiœdte et Meinert (1883) et Carus (1885). Synonymie et mentions successives 1840. Cymothoa audouini (Cymothoé d’Audouin) Edwards : 274-275. 1851. Cymothoa audouinii, Hope : 33. 1866. Cymothoa audouini, Relier : 738-739. 1877. Cymothoa audouini, Stalio : 237. 1880. Cymothoa audouini, Stossich : 45. 1883. Emetha audouinii, Schiœdte et Meinert : 317-321, tab. XI (Cymothoae XVIII) (fig. 14-18). 1885. Emetha audouini, Carus : 442. 1885. Emetha adriatica Bovallius : 17-20, pl. IV (fig. 34-40). 1891. Ceratothoa salparum Gourret : 18-19, tav. I (fig. 19), tav. XI (fig. 7-13). 1901. Cymothoa audouini, Gerstaeeker : 255-257. 1931. Emetha audouinii, Dudich : 18. 1941. (Ceratothoa) Meinertia salparum var. n. cinerea de Scalzi : 423-428. 1941. Emetha audouinii, Montalenti : 337-394. 1948. Emetha audouinii, Montalenti : 27-36, tav. 1 (fig. 1-8). 1951. Emetha audouinii, Amar : 530. 1961. Emetha audouinii, Euzet, et Trilles : 190-191. 1962. Emetha audouinii, Trilles : 103-106. 1964. Emetha audouinii, Trilles : 107-108. 1966. Emetha audouini, Quintard-Dorques : 10. 1968. Emetha audouinii, Trilles : 20-36, pl. I-VI, pliot. 2-5. 1969. Emetha audouini, Berner : 93-95. La description que donne Gourret de l'espèce Ceratothoa salparum du golfe de Marseille ne laisse planer aucun doute quant à son identification à l’espèce Emetha audouini. En ce qui concerne la variété Meinertia salparum var. cinerea de de Scalzi, la des¬ cription de l’auteur correspond exactement à Emetha audouini. D’ailleurs, une rectification manuscrite de Brian sur l’exemplaire du travail de de Scalzi, que nous avons sous les veux, ne laisse subsister aucun doute quant à ce rapprochement. Balcells (1954) dit avoir trouvé l’espèce Meinertia salparum Gourret sur Scomber scombrus L. (du secteur de Blancs). Malheureusement, l’auteur n’en ligure que les deux pléopodes mâles (qui possèdent d’ailleurs chacun un appendix masculina) et les apophyses génitales. Tout rapprochement précis avec Emetha audouini est donc impossible. 2 ■ Fig. 1-25. — Emetha audouini (Edwards, 1840). 1, pullus secundus : vue dorsale ; 2-12, pullus primus (2 : antennule et antenne ; 3 : maxillipèdes ; 4 maxilles ; 5 : maxillules ; 6 : mandibules ; 7 : péréiopode 1 ; 8 : péréiopode 2 ; 9 : péréiopode 5 ; 10 : pléopode 1 11 : pléopode 2 ; 12 : pléotelson et uropodes) ; 13-25, pullus secundus (13 : antennule et antenne ; 14 : maxil lipèdes ; 15 : maxilles ; 16 : maxillules ; 17 : palpe de la mandibule ; 18 à 23 : péréiopodes 1 à 6 ; 24 : pléo pode 1 ; 25 : pléotelson et uropodes). Fig. 26-45. — Emetha audouini (Edwards, 1840). 26-35, individu en phase mâle (26 : antennule ; 27 : antennes ; 28 : palpe mandibulaire ; 29 : maxil- lules ; 30 : maxilles ; 31 : maxillipèdes ; 32 : péréiopode 1 ; 33 : péréiopode 7 ; 34 : pléopode 1 ; 35 : pléo- telson et uropodes) ; 36-45, individu en phase femelle (36 : antennule et antenne ; 37 : extrémité du palpe mandibulaire ; 38 : maxillule ; 39 : maxille ; 40 : détail de l’extrémité des maxillipèdes; 41 : péréiopode 1 ; 42 : péréiopode 7 ; 43 : pléopode 2 ; 44 : pléopode 2 mâle ; 45 : pléotelson et uropodes). CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES 1195 Répartition et habitat L’espèce Emetha audouini a été décrite et signalée pour la première fois de la Méditer¬ ranée (« Habite la Méditerranée ») par H.-M. Edwards (1840). Depuis, ce Cymothoadien a été observé de nombreuses fois en Méditerranée ainsi que dans l’Adriatique. Méditerranée : Hope (1851) : Méditerranée (sans précision). Schiœdte et Meinert (1883) : « Ad Nizzam... ; Villafrancam... ; Ostiam... » Carus (1885) : « Mediterraneum... ; Villafranca... ; Nizza... ; Ostia... » Gourret (1891) : golfe de Marseille. Gerstaecker (1901) : « Mittelmeeres ». Dudich (1931) : « Neapel ». de Scalzi (1941) : « Liguria... Genova... Albenga... Savona... Noli ». MoMTALENTI (1941) I if 1 AT i Montalenti (1948) j S° lfe d ° Na P leS ' Amar (1951) : Banyuls. Euzet et Trilles (1961) J Trilles (1962) i golfe du Lion. Trilles (1964) ) Quintard-Dorques (1966) : région de Sète. Trilles (1968) : golfe du Lion et étang de Thau. Berner (1969) : golfe de Marseille. Adriatique : Heller (1866) : « Lésina, Lissa ». Stalio (1877) : « Lissa, Lésina ». Stossich (1880) : « Lésina, Lissa ». Schiœdte et Meinert (1883) : « Lessinam... » Carus (1885) : « Adria : Lussin..., Lésina, Lissa (Heller) ». Bovallius (1885) : « the Adria ». Gerstaecker (1901) : « Adriatischen Meeres ». L'espèce Emetha audouini est très commune le long des côtes françaises de la Médi¬ terranée. Mais nous ne l’avons récoltée que sur des poissons Maenidae du genre Spicara Rafînesque. L’espèce Spicara maena (L.) est de beaucoup la plus fréquemment parasitée (53 % environ des poissons sont porteurs de ce parasite). Des parasites bien moins abon¬ dants ont également été récoltés sur Spicara smaris C et Y. et Spicara chryselis C. et Y. (19 % environ des poissons sont parasités). Nos observations rejoignent donc sensiblement les quelques indications que nous avons pu relever dans la bibliographie : Schiœdte et Meinert (1883) : « ... in Smari insidiatore ... » Gourret (1891) : « dans la bouche de Box salpa ». de Scalzi (1941) : « in bocca dello Smaris oulgaris o Zerlo ». Montalenti (1941) : « vive nella cavita orale di Spicara alcedo e S. maurii ». Montalenti (1948) : « Nella bocca di Spicara (= Smaris) alcedo , ... in Spicara maurii e in Box hoops ». Amar (1951) : « cavité buccale de Smaridés et de Box hoops ». Quintard-Dorques (1966) : « plafond buccal, au niveau du vomer denté des Spicara maena L. femelles, alors que l’on n’en trouve jamais chez les mâles, ni chez les deux autres espèces de Spicara ». 1196 JEAN-PAUL TRILLES Mais nous n’avons jamais récolté ce parasite sur Boops boops ni sur Box salpa. D’autre part, nous n’avons jamais trouvé l’espèce Einetha audouini sur des Spicara maena de sexe mâle (taille de 18 à 23 cm environ pour nos observations). Par contre, tous les poissons parasités mesuraient de 7 à 18 cm de longueur totale, ce qui correspond à des spécimens de sexe femelle. Remarques systématiques Nous avons déjà (Trilles, 1968) redécrit en détail cette espèce. Nous nous limitons ici à en donner une illustration très détaillée, qui doit d’ailleurs permettre son identifica¬ tion. Nous rappelons toutefois que chez cette espèce : — les individus en phase sexuelle femelle montrent une disposition très caractéris¬ tique des antennules et des antennes, dont les bases respectives contiguës recouvrent le bord antérieur réduit du céphalon ; — les individus en phase sexuelle mâle présentent un appendix masculina bien déve¬ loppé sur chacun des pléopodes de la deuxième paire ; — les individus au stade pullus secundus possèdent des péréiopodes 1 bien plus longs que les autres. Taille Pullus secundus : de 3 à 3,8 mm de longueur totale. Individus en phase mâle : de 4 à 8 mm de longueur totale. Individus en phase femelle : de 10 à 20 mm de longueur totale. Genre MEINERTIA Stebbing, 1893 Meinertia parallela (Otto, 1828) (Fig. 46-89, pl. I [4, 5], III [19]) Synonymie et mentions successives 1828. Cymothoa parallela Otto : 351-352, tab. XXII (fig. III-IV). 1840. Cymothoa parallela (Cymothoé parallèle), Edwards : 273. 1849. Cymothoa parallela, Lucas : 78, pl. 8 (fig. 24). 1851. Cymothoa parallela, Ilope : 33. 1852. Cymothoa parallela, Dana : 303 L 1866. Cymothoa parallela, Heller : 738. 1877. Cymothoa parallela, Stalio : 236-237. 1. Dans le travail de Dana, une erreur typographique fait que cette page est en réalité numérotée 203 . CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES 1197 1878. Cymothoa parallela « of Milne Edwards », Bullar : 505. 1880. Cymothoa parallela, Stossich : 45. 1883. Ceratothoa parallela, Schiœdte et Meinert : 329-335, tab. XIII (Cym. XX) (fig. 3-10). 1885. Ceratothoa. parallela, Carus : 442. 1891. Ceratothoa parallela, Gourret : 15, pl. IV (fig. 12-15). 1892. Ceratothoa parallela, Koelbel : 107. 1892. Ceratothoa parallela, Bolivar : 133. 1901. Cymothoa parallela, Gerstaecker : 255-256. 1919-1920. Cymothoa. parallela, Gibert i Olivé : 88. 1929. Cymothoa parallela, Belloc : 250-252. 1948. Meinertia parallela, Montalenti : 36-40. 1951. Meinertia parallela, Amar : 530. 1955. Ceratothoa. parallela, Szidat : 16. 1956. Ceratothoa parallela, Szidat : 254. 1961. Meinertia parallela, Euzet et Trilles : 190-192. 1964. Meinertia parallela, Trilles : 106-107. 1968. Meinertia parallela, Trilles : 38-52, pl. VII-XII, phot. 6-8. 1969. Meinertia parallela, Berner : 93. Répartition et habitat Cette espèce a été décrite pour la première fois de la Méditerranée (« Nizza ») par Otto ( 1828 ). Par la suite, elle a été signalée de la Méditerranée, de l’Adriatique et de l’Atlantique : Méditerranée : Edwards (1840) : « Habite la Méditerranée ». Lucas (1849) : Algérie. « Rade d’Oran ». Hope (1851) : Méditerranée. Schiœdte et Meinert (1883) : « Mare mediterraneum... Praeterea in portu Carthagenae ; ad Xizzam... ; Villafrancam... ; Neapolin... ; Messinam... ; Oran... ; ... alicubi in mari Méditerranée ». Carus (1885) : « Mediterraneum ; Oran... ; Nizza... ; Villafranca... ; Ajaccio... ; Napoli... ; Messina... » Gourret (1891) : golfe de Marseille. Gerstaecker (1901) : « Mittelmeeres ». Gibert i Olive (1919-1920) : « Catalunya ». Montalenti (1948) : « Golfo di Napoli ». Amar (1951) : Banyuls. Szidat (1955) (1956) : Méditerranée. Euzet et Trilles (1961) : Sète. Trilles (1964) : Méditerranée. Trilles (1968) : golfe du Lion, étang de Thau. Berner (1969) : golfe de Marseille. Adriatique : Heller (1866) : « Adriatischen Meeres » ; « Lésina ». Stalio (1877) : Adriatique ; « Lésina ». Stossich (1880) : « Lésina ». Schiœdte et Meinert (1883) : « ad oras Dalmatiac... ; ad tergestam... » Carus (1885) : « Adria : trieste, ad oras Dalmatinas... ; Lésina ». Gerstaecker (1901) : « Adriatischen Meeres ». Fig. 46-70. — Meinerlia parallela (Otto, 1828). 46, pullus secundus : vue dorsale ; 47-58, pullus primus (47 : antennule ; 48 : antenne ; 49 : maxilli- pède ; 50 : maxille ; 51 : maxillule ; 52 : palpe mandibulaire ; 53 : péréiopode 1 ; 54 : péréiopode 3 ; 55 : péréio- pode 5 ; 56 : pléopode 1 ; 57 : pléopode 2 ; 58 : pléotelson et uropodes) ; 59-70, pullus secundus (59 : anten¬ nule ; 60 : antenne ; 61 : détail du maxillipède ; 62 : maxille ; 63 : maxillule ; 64 : palpe mandibulaire ; 65 : péréiopode 1 ; 66 : péréiopode 4 ; 67 : péréiopode 5 ; 68 : péréiopode 6 ; 69 : pléopodes 1 ; 70 : pléotelson et uropodes). Ï2 MBS Iig. 71-89. — Meinertia parallela (Otto, 1828). 71-79, individu en phase mâle (71 : antennule et antenne ; 72 : maxillipède ; 73 : maxille ; 74 : maxil- lule ; 75 : mandibule ; 76 : péréiopode 1 ; 77 : péréiopode 7 ; 78 : pléopode 2 ; 79 : pléotelson et uropodes) ; 80-89, individu en phase femelle (80 : antennule ; 81 : antenne ; 82 : maxillipède ; 83 : maxille ; 84 : maxil- lule ; 85 : mandibule ; 86 : péréiopode 1 ; 87 : péréiopode 7 ; 88 : pléopode 2 ; 89 : pléotelson et uropodes). 1200 JEAN-PAUL TRILLES Atlantique : Schiœdte et Meinert (1883) : « cum parte adjacente maris Atlantici habitat sat vulgaris... Ad insulam Madeiram... » Küelbel (1892) : îles Canaries. « Tenerife und gran Canaria ». Bolivar (1892) : Santander. Trilles (1968) : Areachon. En ce qui concerne les poissons hôtes, nous pouvons relever les indications successives suivantes, qui montrent que cette espèce peut apparemment parasiter des poissons très divers : — divers poissons : Edwards (1840) ; Stalio (1877) : « vive parassito sopra diversi pesci » ; — des Sparidae : Otto (1828) : « Sparus » ; Edwards (1840) : « Spares » : Stalio (1877) : « Soprottutto sullo Sparo » ; Stossich (1880) : « vive attacato specialmente sui Spari » ; Schiœdte et Meinert (1883) : « Boopis vulgaris » ; Koelbel (1892) : « Dentex vulgaris C. V. » : Gibert i Olive (1919-1920) : « En las ganyes de Bogues (Box Loups Cuv.) » ; Montalenti (1948) : « Box boops e Box salpa » ; Euzet et Trilles (1961), Trilles (1964) : « Box boops (I,.) » ; Trilles (1968) : « Bogue commune ( Box boops (L.) Spari¬ dae) » ; Berner (1969) : « Box boops et salpa » ; — « Esocis belonis » : Schiœdte et Meinert (1883) ; — des Maenidae : Gourret (1891) : « dans la bouche de Smaris chryselis et surtout dans celle de Smaris maurii » ; Gibert i Olive (1919-1920) : « Xucles » etc. ; Montalenti (1948) : « in bocca di Spicara alcedo e maurii » ; Amar (1951) : sur Smart, sp. » ; Berner (1969) : « Spicara chryselis et mauri » : — des Mullus : Gibert i Olive (1919-1920) : « En las ganyes de « Molls » (. Mullus ) » ; — des Gades : Amar (1951) : « Gadus capelanus » ; — des Merlus : Belloc (1929), Szidat (1955) : « Merluccius merluccius » ; Mais nos résultats diffèrent de l’ensemble des observations précitées. En effet, nous avons remarqué que contrairement à ce que l’on observe pour l’espèce Meinertia oestroides (Bisso, 1826), par exemple, la correspondance hôte/parasite est très étroite dans le cas de Meinertia parallela. Personnellement, nous n’avons récolté ce parasite que sur Boops boops (L.). L'espèce Meinertia parallela paraît donc manifester une spécificité parasitaire étroite, tout au moins le long de nos côtes. On peut noter également que cette espèce est assez abondante puisque 22 % environ des poissons sont parasités. Remarques systématiques et écologiques Nous avons toujours trouvé ce Cymothoadien dans la cavité buccale des poissons hôtes, quelquefois dans l’une des cavités branchiales. Il s’agit de parasites hématophages qui se nourrissent à partir du sang des poissons parasités. Aussi les observations de Bel¬ loc ( 1929) nous paraissent assez inexplicables, ainsi d’ailleurs que les déductions de l’auteur : « Ces animaux se nourrissent de matières en décomposition, aussi les trouve-t-on aux deux extrémités du tube digestif du Merlu, quelquefois dans la cavité buccale, mais leur lieu de prédilection est sur les téguments du voisinage immédiat de l’anus. » 1201 CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES Nous donnons une illustration détaillée de ce Cymotlioidae, mais nous pouvons tou¬ tefois relever que cette espèce se distingue des autres du même genre en particulier : - par la forme générale plus allongée du corps. La partie postérieure du péréion n’est pas élargie, comme on l’observe par exemple chez Meinertia oestroides, et les bords latéraux sont sensiblement parallèles. Par ailleurs, le profil dorsal du péréion est convexe. — les individus en phase sexuelle mâle présentent un appendix masculina sur chacun des pléopodes de la deuxième paire. Enfin, nous pouvons remarquer que la figure 43 b de la page 252 du mémoire de Bel- loc (1929) qui, d’après l’auteur, représente un individu de l’espèce Meinertia parallela, ressemble surtout à un Oniscoïde et absolument pas à ce Cymothoadien buccal. Taille Pullus secundus : de 2,2 à 3 mm de longueur totale. Individus en phase mâle : de 3,5 à 10 mm de longueur totale. Individus en phase femelle : de 13 à 30 mm de longueur totale. Meinertia oestroides (Risso, 1826) (Fig. 90-136, pl. I [6, 7, 8, 9], III [20]) Synonymie et mentions successives 1826. Canolira oestroides Risso : 123 (C. oestroïde). 1840. Cymolhoa oestroides (Cymothoé oestroïde), Edwards : 272. 1847. Cymolhoa oestroides, White : 110. 1849. Cymolhoa oestroides, Lucas : 78, pl. 8 (fîg. 4) 1 . 1851. Cymolhoa oestroides, Ilope : 33. 1866. Cymolhoa oestroides, Ileller : 737-738. 1875. Cymolhoa oestroides, Barcelé y Combis : 68. 1876. Cymolhoa oestroides, Bullar : 118-128, tab. IV. 1877. Cymolhoa oestroides, Stalio : 236. 1878. Cymolhoa oestroides, Bullar : 505-521, pl. 45-47. 1879. Cymolhoa oestroides, Mayer : 176. 1879. Cymolhoa (Meinertia) oestroides, Tasclienberg : 245. 1880. Cymolhoa oestroides, Stossich : 45. 1883. Ceratothoa oestroides, Schiœdte et Meinert : 350-356, tab. XV (Cym. XXII) (fîg. 5-11). 1885. Ceratothoa oestroides, Carus : 442. 1887. Ceratothoa oestroides, Barrois : 12. 1887. Cymolhoa oestroides, Bonnier : 133-134. 1887. Cymolhoa oestroides, Odôn de Buen : 418. 1888. Ceratothoa oestroides, Barrois : 63-64. 1890. Cymolhoa oestroides, Monticelli : 420-421. 1891. Ceratothoa oestroides, Gourret : 14-15, pl. IV (fîg. 10-11). 1892. Ceratothoa oestroides, Bolivar : 133. 1. Pour l’espèce Cymolhoa oestroides, le texte de Lucas indique : pl. 8, fig. 3. Il y a manifestement erreur. Les figures correspondantes sont sans nul doute : 4a, 4b, 4c. Fig. 90-114. — Meinertia oestroides (Risso, 1826). 90, pullus secundus : vue dorsale ; 91-102, pullus primus (91 : antennule ; 92 : antenne ; 93 : maxil- lipède ; 94 : maxille ; 95 : maxillule ; 96 : détail du palpe mandibulaire ; 97 : péréiopode 1 ; 98 : péréiopode 2 ; 99 : péréiopode 6 ; 100 : pléopode 1 ; 101 : pléopode 2 ; 102 : pléotelson et uropodes) ; 103-114, pullus secundus (103 : antennule ; 104 : antenne ; 105 : maxillipède ; 106 : maxille ; 107 : maxillule ; 108 : mandi¬ bule ; 109 : péréiopode 1 ; 110 : péréiopode 4 ; 111 : péréiopode 5 ; 112 : péréiopode 6 ; 113 : pléopode 1 ; 114 : pléotelson et uropodes). 1204 JEAN-PAUL TRILLES 1892. Ceratothoa oestroides, Koelbcl : 107-115. 1901. Ceratothoa oestroides, Gerstaecker : 255-257. 1915. Meinertia oestroides, Nierstrasz : 89. 1916. Cymothoa oestroides, Odôn de Buen : 363. 1919-1920. Cymothoa oestroides, Gibert i Olivé : 88. 1922. Cymothoa (Meinertia) oestroides Dollfus : 287. 1923. Meinertia oestroides, Monod : 82-83. 1923. Meinertia oestroides, Monod : 432. 1923. Meinertia oestroides, Monod : 18-19. 1924. Meinertia oestroides, Monod : 34. 1926-1927. Ceratothoa oestroides, Zimmer : 746. 1931. Ceratothoa oestroides, Dudich : 18. 1948. Meinertia oestroides, Montalenti : 47-50. 1951. Meinertia oestroides, Amar : 530. 1951. Meinertia oestroides, Iloudemer : 39-40. 1953. Meinertia oestroides, Balcells : 548-552. 1961. Meinertia oestroides, Euzet et Trilles : 190-192. 1962. Meinertia oestroides, Trilles : 118-123. 1964. Meinertia oestroides, Trilles : 107. 1966. Meinertia oestroides, Quintard-Dorques : 10. 1968. Meinertia oestroides, Trilles : 53-68, pl. XIII-XYlll, phot. 9-12. 1969. Meinertia oestroides, Berner : 93-94. 1970. Meinertia oestroides, Boman : 501-514. 1971. Meinertia oestroides, Trilles et Baibaut : 73-74. Répartition et habitat L’espèce Meinertia oestroides a été décrite pour la première fois de Nice et des Alpes- maritimes (Risso, 1826) : « régions fangeuses. App. Presque toute l’année » (ce qui d’ailleurs constitue un biotope assez étonnant). Par la suite, ce Cymothoadien a été signalé de très nombreuses fois (cf. synonymie) ; mais à l’heure actuelle, son aire de répartition peut être circonscrite à : Méditerranée : Edwards (1840) : « Habite la Méditerranée ». White (1847) : « Mediterranean ? » Lucas (1849) : « Algérie, rades de l’Est et de l’Ouest », « rade de Bône, aux environs du fort Génois ». Hope (1851) : « Nizza ». Barcelô y Combis (1875) : îles Baléares, « Mallorca ! Menorca (Cardona) ». Taschenberg (1879) : Naples. Schiœdte et Meinert (1883) : « Mare mediterraneum oras Italicas ». « Ad Nizzam... villa- francam... Ajaccio... Neapolin... Messinam ». Carus (1885) : « Mediterraneum... ; Alger...; Nizza... ; Napoli... ; Messina... » Odôn de Buen : « Baléares, Cardona ». Barrois (1888) : « Péninsule Ibérique ; Méditerranée (très commun) ». Monticelli (1890) : Naples. Gourrf.t (1891) : « très abondante dans le golfe de Marseille ». Gerstaecker (1901) : « Mittelmeeres (Nizza) ». Nierstrasz (1915) : « Neapel » « Meinertia oestroides ist eine reine Mittelmeer Form ». Odôn de Buen (1916) : îles Baléares, « Bahia de Palma ». 1205 CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES Gibert i Olive (1919-1920) : « Catalunya ». Monod (1923) : « Forme méditerranéenne ». Monod (1923) : « cette espèce, très abondante dans la Méditerranée... » Monod (1923) : Monaco. Montalenti (1948) : « Golfo di Napoli ». Amar (1951) : Banyuls. Houdemer (1951) : Ajaccio. Balcells (1953) : Castellon (secteur de Columbretes, secteur de Punta oropesa), Blanes. Euzet et Trilles (1961) : Sète. Trilles (1962) : étang de Thau. Trilles (1964) : Méditerranée. Quintard-Dorques (1966) : région de Sète. Trilles (1968) : golfe du Lion, étang de Thau. Berner (1969) : golfe de Marseille. Roman (1970) : baie de la Ciotat. Trilles et Raibaut (1971) : Tunisie. Adriatique : Heller (1866) : « Adriatisclien Meere ». Stalio (1877) : « regioni fangose. Apparisce tutto l’anno » (ce qui paraît reprendre exactement les indications de Risso), « e une delle piu communi specie delTAdriatica... » Stossich (1880) : « E comune in tutto l’Adriatico ». Carus (1885) : « Adria frequens ». Gerstaecker (1901) : « Adriatischen Meeres ». Dudich (1931) : Adriatique. Atlantique : Barrois (1887) : Açores. Bonnier (1887) : Concarneau. Barrois (1888) : « Ce Crustacé est très commun aux Açores. » « Distribution géographique : Côtes océaniques d’Europe (Concarneau où il serait rare d’après Bonnier...). » Bolivar (1892) : « Gijôn... ; Santander... ; Guetaria y San Sébastian... » Koelbel (1892) : « Von Tenerife und Gran Canaria ». Dollfus (1922) : « devant Gijôn (Oviédo), dans le port de Musel ». Monod (1923) : « la seule station atlantique est, à ma connaissance, celle signalée par J. Bon¬ nier, en 1887 : “ Concarneau ”... j’en ai vu un couple récolté sur Trachurus trachurus, à Gijôn (Oviédo) ». (Il s’agit des exemplaires également signalés par Dollfus en 1922.) Monod (1923) : Côte du Sahara Mauritanien. « Cette espèce, très abondante dans la Méditer¬ ranée, rare sur les côtes atlantiques de l’Europe Lusitanienne, se rencontre au sud au moins jusqu’au Cap Blanc ». Monod (1924) : cap Blanc. Trilles (1968) : Arcachon. Cette espèce, relativement rare en Méditerranée (puisque seulement 1,6 % des Spi- cara sp. sont parasités, 8,4 % environ des Bogues et 8,8 % environ des Sargues), est assez ubiquiste. Toutefois, bien qu’on la rencontre sur plusieurs espèces de poissons, les Mae- nidae du genre Spicara Rafînesque et les Sparidae — Boops boops et divers Sargues, Diplo¬ dus annularis (L.), Diplodus sargus (L.), Diplodus vulgaris (G. St. Hil.) — sont les poissons les plus fréquemment parasités. Plus rarement, nous avons récolté ce Cymothoadien sur Sardina pilchardus sardina (Risso) (Clupeidae) et sur Trachurus trachurus (L.) (Carangi- dae) (voir également Trilles, 1968). Nos observations personnelles rejoignent les indications des auteurs précédents. En effet, si on analyse la bibliographie concernant cette espèce, on remarque que Meinertia oestroides a été signalée sur des poissons très divers, mais le plus souvent sur des Sparidae ou des Maenidae : 91, 2 1206 JEAN-PAUL TRILLES — Sur diverses espèces de poissons : Lucas (1849), Heller (1866), Stalio (1877), Stos- sich (1880), Gibert i Olive (1919-1920). — Sur des Téléostéens autres que des Sparidae ou des Maenidae ; « parasite assez rare des Labres » (Bonnier, 1887) ; « Pliycis mediterranea » (Koelbel, 1892) ; Trachurus trachurus L. (Dollfus, 1922) ; « dans la bouche du rouget barbet ou petit barbarin (= Mullus barbatus L.) » (Balcells, 1953) ; Sardina pilchardus sardina (Trilles, 1962) ; « Sardina » « Trachinus » (Berner, 1969) ; Mullus barbatus (Roman, 1970) ; Trachurus trachurus (Trilles et Raibaut, 1971). — Sur des Maenidae : bouche de Smaris chryselis (Gourret, 1891) ; «in bocca di Spicara... » (Montalenti, 1948) ; « sur Smaris sp. » (Amar, 1951) ; « dans la bouche du picarel (« Cherret » en espagnol = Smaris sp.) » (Balcells, 1953) ; « dans la cavité buccale de Spicara maena (L.) et Spicara chryselis (C. et V.) » (Trilles, 1962) ; « vit fixé au plafond buccal de Spicara chryselis C. V. seulement » (Quintard-Dorques, 1966) ; Spicara chryselis (Berner, 1969) ; Spicara maena (très rare) (Roman, 1970). — Sur des Sparidae : « in ore Boopis vulgaris » (Schiœdte et Meinert, 1883) ; « dans la bouche de Box vulgaris » (Barrois, 1887) ; « vit en parasite dans la bouche de Boops vulgaris (en portugais Boga) » (Taschenberg, 1879) ; « espèce très commune dans la cavité buccale de divers poissons ( Sargus vulgaris, S. annularis, Box vulgaris, etc...) » (Monod, 1923) ; « in bocca di Box » (Montalenti, 1948) ; « cavité buccale de Diplodus vulgaris » (Amar, 1951) ; « très fréquent dans la bouche et la région branchiale de la Bogue ( Box boops L.) » (Balcells, 1953) ; Box boops (Berner, 1969) ; Box boops (très rare) (Roman, 1970) ; Box boops (L.) et Diplodus annularis (L.) (Trilles et Rai¬ baut, 1971). Remarques systématiques Nous donnons, de l’espèce Meinertia oestroides, une figuration aussi complète que possible. En effet, si ce Cymothoadien peut paraître bien connu à l’heure actuelle (cf. impor¬ tante synonymie), il est encore souvent l’objet de déterminations erronées : — Soit que l’on considère, comme cela arrive fréquemment, que les Cymothoidae buccaux parasitant les Maenidae ou les Sparidae (en particulier Boops boops) appartien¬ nent tous à cette espèce. Dans ce cas évidemment, on s’expose à réunir sous le nom spéci¬ fique de Meinertia oestroides, plusieurs espèces distinctes appartenant aux deux genres Emetha et Meinertia. — Soit qu’on ne prenne pas garde au fait que l’espèce Meinertia oxyrrhynchaena, qui peut parasiter les mêmes poissons, lui est très voisine. Nous rappelons toutefois que la distinction entre ces deux espèces est sans ambiguïté si on étudie la morphologie des péréio- podes femelles de la septième paire. Enfin, il convient de préciser que les individus en phase sexuelle mâle de Meinertia oestroides ne possèdent jamais d’appendix masculina. D’autre part, parmi l’ensemble des descriptions et des illustrations qu’ont données certains auteurs précédents pour l’espèce Meinertia oestroides, il nous paraît souhaitable d’indiquer que le dessin reproduit par Gibert i Olive (p. 88) ne correspond certainement sa» Fig. 137-155. — Meinertia oxyrrhynchaena (Koelbel, 1878). 137-146, individu en phase mâle (137 : antennule ; 138 : antenne ; 139 : maxillipède ; 140 : détail du maxille ; 141 : maxillule ; 142 : mandibule ; 143 : péréiopode 3 ; 144 : péréiopode 7 ; 145 : pléopode 2; 146 : pléotelson et uropodes) ; 147-155, individu en phase femelle (147 : antennule ; 148 : antenne ; 149 : maxil¬ lipède ; 150 : maxille ; 151 : maxillule ; 152 : palpe mandibulaire ; 153 : péréiopode 7 ; 154 : pléopode 2 ; 155 : pléotelson et uropodes). 1208 JEAN-PAUL TRILLES pas à l’espèce, ni même à un Cymothoidae. Il s’agit plutôt d’un Oniscoïde. Il existe donc, semble-t-il, une certaine contradiction entre l’illustration et le texte de Gibert i Olive (par exemple : « Poil de peix. En las ganyes de diferents peixos »). Taille Pullus secundus : 4 mm environ de longueur totale. Individus en phase sexuelle mâle : 3,5 à 9 mm de longueur totale. Individus en phase sexuelle femelle : 12 à 30 mm de longueur totale. Meinertia oxyrrhynchaena (Koelbel, 1878) (Fig. 137-155, pl. I [9], II [13, 14], III [21]) Synonymie et mentions successives 1878. Ceratothoa oxyrrhynchaena Koelbel : 401-403, pl. I (fig. la-le). 1883. Ceratothoa oxyrrhynchaena , Schiœdte et Meinert : 308-371, tab. XVI (Cym. XXIII) (fig. 10- 14 )' 1901. Ceratothoa, oxyrrhynchaena, Gerstaecker : 261. 1910. Meinertia oxyrrhynchaena, Xierstrasz : 89. 1931. Codonophilus oxyrrhynchaenus, Nierstrasz : 132. 1936. Meinertia oxyrrhynchaena, Gurjanova : 84-86. 1948. Meinertia oxyrrhynchaena, Montalenti : 51-54. 1961. Meinertia oxyrrhynchaena, Euzet et Trilles : 190. 1966. Meinertia oxyrrhynchaena, Quintard-1torques : 10, 11. 1968. Meinertia oxyrrhynchaena, Trilles : 125-129, phot. 28-31. 1971. Meinertia oxyrrhynchaena, Trilles et Raibaut : 74-76, phot. 4. Répartition et habitat Cette espèce a été décrite pour la première fois du Japon par Koelbel (1878) : « Mare japonicum ». Elle présente une aire de répartition très étendue puisque elle a été par la suite successivement signalée de : — « Marc Iaponicum » (Schiœdte et Meinert (1883)) ; « China und Japan » (Ger¬ staecker, 1901) ; « Sagamihai... Misaki... Dzushi... » Japon (Thielemann, 1910) ; « Japan » (Nierstrasz, 1915) ; « Japanisches Meer ; Sagami-Bai... » (Nierstrasz, 1931) ; « Mers orientales » (Gurjanova, 1936). — « Golfo di Napoli » (Montalenti, 1948) ; Sète (Euzet et Trilles, 1961) ; région de Sète (Quintard-Dorques, 1966) ; golfe du Lion (Trilles, 1968) ; Tunisie (Trilles et Raibaut, 1971). Par ailleurs, en ce qui concerne les poissons hôtes, ce Cymothoadien est relativement ubiquiste ; mais il semble parasiter préférentiellement des Maenidae et des Sparidae (Trilles, 1968). En cela, cette espèce se rapproche également de Meinertia oestroides. Les indications successives que nous avons pu recueillir dans la littérature corres¬ pondante sont conformes à nos observations personnelles : « ... Brutlainellen durch Fis- CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES 1209 cher... » (Tiiielemann, 1910) ; « Discretamente frequente in bocca a Spicara e Box » (Mon- talenti, 1948) ; « Cavité buccale de Box boops (L.) » (Euzet et Trilles, 1961) ; « plafond buccal de Spicara chryselis C. Y. » (Quintard-Dorques, 1966) ; Maenidae (Trilles et Raibaut, 1971). Remarques systématiques En plus de la figuration détaillée que nous donnons de ce parasite, nous rappelons quelques caractéristiques essentielles qui permettent de distinguer aisément l’espèce Mei- nertia oxyrrhynchaena de l’espèce Meinertia oestroides, ainsi que des autres Cymothoadiens français du genre Meinertia : — Chez les individus en phase sexuelle femelle, la forme générale du péréion est très voisine de celle de Meinertia oestroides, mais les péréiopodes de la septième paire montrent, sur le basipodite, une carène très haute. - Les individus en phase sexuelle mâle possèdent un appendix masculina bien visible sur les endopodites des pléopodes 2, alors qu’il est absent chez Meinertia oestroides. - Les individus au stade pullus secundus sont caractérisés par la longueur très impor¬ tante de leurs antennes (A 2 ), qui dépassent le bord postérieur du pléotelson (Montalenti, 1948). A ce propos, comme l’a déjà observé Montalenti (1948), nous pouvons rappeler que Bullar (1878), dans son travail sur l’embryologie des Cymothoidae, dit avoir observé : « from adult individuals answering to description of Cymothoa oestroides, I hâve obtained four varieties of embryos : two with long antennae and two with short ». A l’heure actuelle, il semble que l’on puisse admettre que ces deux formes larvaires, considérées par Bullar comme correspondant à la seule espèce Meinertia oestroides, n’étaient en réalité que des pulli secundi de Meinertia oestroides d’une part (antennes relativement courtes), de Meinertia oxyrrhynchaena d’autre part (antennes longues). Il ne fait aucun doute que Fauteur n’a pas pris suffisamment garde à la ressemblance très grande existant entre ces deux parasites. D’ailleurs, Bullar pensait même avoir reconnu quatre formes larvaires distinctes dans le cas de « Meinertia oestroides » : — deux formes à antennes courtes, la première présentant des appendices abdomi¬ naux pourvus de très nombreuses soies, la seconde ne présentant pas ce caractère ornemen¬ tal ; — deux formes à antennes longues, entre lesquelles la distinction était basée sur les mêmes critères. Or, nous savons à l’heure actuelle que cette distinction n’est valable que si l’on con¬ sidère l’évolution dans le temps d’un même parasite. La forme à appendices abdominaux glabres correspond au stade pullus primas, suivi du stade pullus secundus durant lequel les individus présentent une ornementation en soies très importante. Fig. 156-171. — Meinertia italica (Schicedte et Meinert, 1883). 156, pullus secundus, vue dorsale ; 157-171, pullus secundus (157 : antennule ; 158 : antenne ; 159 maxillipède ; 160 : détail du maxillipède ; 161 : maxille ; 162 : maxillule ; 163 : palpe de la mandibule 164 : péréiopode 1 ; 165 : péréiopode 2 ; 166 : péréiopode 4 ; 167 : péréiopode 5 ; 168 : péréiopode 6 ; 169 pléopode 1 ; 170 : pléopode 2 ; 171 : pléotelson et uropodes). '2 Fig. 172-187. — Meinertia italien (Schiœdte et Meinert, 1883). 172-179, individu en phase mâle (172 : antennule ; 173 : antenne ; 174 : maxillipède ; 175 : maxille ; 176 : maxillule ; 177 : palpe mandibulaire ; 178 : péréiopode 1 ; 179 : pléopode 2) ; 180-187, individu en phase femelle (180 : antennule ; 181 : antenne ; 182 : maxillipède ; 183 : maxille ; 184 : maxillule ; 185 : palpe mandibulaire ; 186 : péréiopode 7 ; 187 : pléopode 2 ; 187 bis : pléotelson et uropodes). 1212 JEAN-PAUL TRILLES Taille Pullus secundus : 2,4 mm de longueur totale (Schiœdte et Meinert, 1883). Individus en phase sexuelle mâle : 3 à 8 mm de longueur totale. Individus en phase sexuelle femelle : 10 à 30 mm de longueur totale. Meinertia italica (Schiœdte et Meinert, 1883) (Fig. 156-187, pi. II [10, 11, 12]) Synonymie et mentions successives 1883. Ceratothoa italica Schiœdte et Meinert : 347-350, tab. XV (Cym. XXII) (fig. 1-4). 1885. Ceratothoa italica, Carus : 442. 1924. Meinertia italica, Monod : 34. 1948. Meinertia italica, Montalenti : 42-46. 1964. Meinertia italica, Trilles : 106. 1968. Meinertia italica, Trilles : 122-125, phot. 25-27. Répartition et habitat Cette espèce a été décrite par Schiœdte et Meinert (1883) à partir d’une femelle ovigère et d’individus au stade pullus secundus provenant de Fiume (Adriatique). Par la suite, elle n’a été que rarement signalée : « Adria : Fiume (Budde-Lund) » (Carus, 1885) ; cap Blanc (Monod, 1924) ; « Golfo di Napoli » (Montalenti, 1948) ; Méditerranée (Trilles, 1964 et 1968). Donc, bien que rarement signalé, ce Cymothoidae paraît avoir une aire de réparti¬ tion assez étendue : Adriatique, Méditerranée et côte Atlantique du Sahara mauritanien. Cette espèce est assez rare. Nous l’avons récoltée sur Pagellus mormyrus (L.) et sur Pagellus erythrinus (L.), mais sur aucun autre Téléostéen (également Trilles, 1964 et 1968). En plus de nos observations personnelles, les seules indications que nous possédions sont celles de Montalenti, (1948) : « Piuttosto frequente in bocca a Pagellus mormyrus a ad altri pagelli ». Remarques systématiques Parmi les Cymothoadiens buccaux des côtes françaises, l’espèce Meinertia italica est certainement, sinon la plus grande, du moins la plus volumineuse. Chez les individus en phase sexuelle femelle, le corps est nettement elliptique et la face tergale très arquée, ce qui distingue cette espèce de celles du « groupe oestroides, oxyr- rhynchaena » par exemple. Les individus en phase sexuelle mâle sont également globuleux ; ils ne présentent pas d’appendix masculina. Fig. 188-202. — Meinerlia steindachneri (Koelbel, 1878). 188, pullus primus, vue dorsale ; 189-199, pullus primus (189 : antennule ; 190 : antenne ; 191 : maxil- lipède ; 192 : maxille ; 193 : maxillule ; 194 : palpe mandibulaire ; 195 : pléopode 1 ; 196 : pléopode 2 ; 197 : pléotelson et uropodes ; 198 : péréiopode 1 ; 199 : péréiopode 6) ; 200-202, (200 : pléopode 2 femelle ; 201 : pléopode 2 mâle ; 202 : pléotelson et uropodes mâles). Fig. 203-218. — Meinertia steindachneri (Koelbel, 1878). 203-210, individu en phase mâle (203 : antennule ; 204 : antenne ; 205 : maxillipède ; 206 : maxille ; 207 : détail des maxillules ; 208 : mandibule ; 209 : péréiopode 1 ; 210 : péréiopode 7) ; 211-218, individu en phase femelle (211 : antennule ; 212 : antenne ; 213 : maxillipède ; 214 : maxille ; 215 : maxillule ; 216 : détail du palpe mandibulaire ; 217 : péréiopode 1 ; 218 : pléotelson et uropodes). CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES 1215 Taille Pullus secundus : 3 mm environ de longueur totale. Individus en phase sexuelle mâle : 8 à 15 mm de longueur totale. Individus en phase sexuelle femelle : 15 à 30 mm de longueur totale. Meinertia steindachneri (Ivoelbel, 1878) (Fig. 188-218, pl. II [15, 16], III [23]) Synonymie et mentions successives 1878. Ceratothoa steindachneri Ivoelbel : 403-404, taf. I (fig. 2a-2e). 1883. Ceratothoa steindachneri, Scliiœdte et Meinert : 364-366, tab. XV (Cym. XXII) fig. 14-15. 1885. Ceratothoa steindachneri, Carus : 443. 1968. Meinertia steindachneri, Trilles : 131-134, phot. 32-34. 1971. Meinertia steindachneri, Trilles et Raibaut : 76-77. Répartition et habitat Depuis qu’elle a été décrite et signalée de l’Atlantique (« Mare Atlanticum » « Ulvsip- ponem ») par Koelbel (1878), l’espèce Meinertia steindachneri n’a été l’objet que de très rares signalements : — « Mare Atlanticum et Mediterraneum habitat : ad Ulisipponem... ; ad Nizzam... ; ad Villafrancam... » (Sciiiœdte et Meinert, 1883 ; ils n’ont décrit que la femelle ovi- gère.) — « Atlantique » « Villafranca... ; Nizza... » (Carus, 1885). — Méditerranée (Trilles, 1968). — Tunisie (Trilles et Raibaut, 1971). Cette espèce a été récoltée pour la première fois par Steindaciiner (spécimen décrit par Koelbel, 1878) sur « Pagri vulgaris C. et V ». Par la suite, Sciiiœdte et Meinert (1883) ont signalé ce parasite également sur « Pagri çulgaris... » mais aussi « in lingua Scorpaenae cabrittae ». En ce qui nous concerne, nous n’avons jusqu’à présent récolté ce Cymothoidae que sur des Sargues (Trilles, 1968 ; Trilles et Raibaut, 1971). Remarques systématiques Nous n’avons personnellement récolté cette espèce qu’en Méditerranée et les spéci¬ mens français et tunisiens sont relativement typiques ; nous en donnons une illustration détaillée, mais en plus, nous précisons que le corps des individus en phase sexuelle femelle est très globuleux. Les individus sont trapus. Fig. 219-244. — Meinertia capri Trilles, 1964. 219, pullus secundus, vue dorsale ; 220-230, pullus primus (220 : antennule ; 221 : antenne ; 222 : maxil- lipède ; 223 : maxille ; 224 : maxillule ; 225 : palpe mandibulaire ; 226 : péréiopode 1 ; 227 : péréiopode 5 ; 228 : péréiopode 6 ; 229 : pléopode 2 ; 230 : pléotelson et uropodes) ; 231-244, pullus secundus (231 : anten¬ nule ; 232 : antenne ; 233 : maxillipède ; 234 : maxille ; 235 : maxillule ; 236 : palpe mandibulaire ; 237 à 242 : péréiopodes 1 à 6 ; 243 : pléopode 2 ; 244 : pléotelson et uropodes). Fig. 245-263. — Meinertia c-apri Trilles, 1964. 245-255, individu en phase mâle (245 : antennule ; 246 : antenne ; 247 : maxillipède ; 248 : maxille ; 249 : maxillule ; 250 : mandibule ; 251 : péréiopode 1 ; 252 : péréiopode 7 ; 253 : pléopode 2 ; 254 : pléopode 2 femelle ; 255 : pléotolson et uropodes.) ; 256-263, individu en phase femelle (256 : antennule ; 257 : anten¬ nes ; 258 : maxillipède ; 259 : maxille ; 260 : maxillule ; 261 : mandibule ; 262 : péréiopode 1 ; 263 : péréio¬ pode 7 et pléotelson avec uropodes). 1218 JEAN-PAUL TRILLES Taille Individus en phase sexuelle mâle : 5 à 8 mm de longueur totale. Individus en phase sexuelle femelle : 10 à 20 mm de longueur totale. Meinertia capri Trilles, 1964 (Fig. 219-263, pl. II (17], III [22]) Synonymie et mentions successives 1964. Meinertia capri Trilles : 188-189. Meinertia capri est la seule espèce nouvelle que nous avons récoltée jusqu’à présent. Il s’agit d’un parasite de Capros aper Lacepède (Caproidae). Répartition et habitat Nous l’avons observée pour la première fois sur des poissons pêchés au large de La Nou¬ velle (Aude), par 400 à 500 mètres de profondeur. Le pourcentage global de parasitisme était d’environ 15 %. Dans la majorité des cas, on rencontre deux individus par poisson, un en phase sexuelle femelle et l’autre en phase sexuelle mâle. Plus récemment, nous avons reconnu l’existence de ce parasite en Tunisie, également sur Capros aper (résultats non encore publiés). Remarques systématiques Ce Cymothoidae diffère de la plupart des espèces françaises du genre Meinertia ( Mei¬ nertia parallela, Meinertia italien et Meinertia steindachneri) par un certain nombre de caractères, mais avant tout par la forme générale du corps des individus en phase sexuelle femelle (le corps de ce parasite n’est pas elliptique ni à bords parallèles). Si on ne considère que l’allure générale des individus femelles, deux espèces seulement (.Meinertia oxyrrynchaena et Meinertia oestroides) se rapprochent plus sensiblement de Meinertia capri. Chez ces trois parasites, on remarque une augmentation en largeur des péréionites (du premier au cinquième) qui confère au péréion une morphologie assez parti¬ culière (« type Meinertia oestroides »). Cependant, l’espèce Meinertia oxyrrhynchaena se distingue nettement de Meinertia capri par la forme du basipodite des péréiopodes 7 des individus en phase sexuelle femelle. Quant aux deux espèces Meinertia capri et Meinertia oestroides, elles présentent entre elles un certain nombre de caractères distinctifs qui ne laissent subsister aucune ambi¬ guïté pour leur identification ; nous pouvons rappeler par exemple que : 1219 CYMOTHOIDAE DES CÔTES FRANÇAISES — chez les individus en phase sexuelle femelle de Meinertia capri , le corps est plus trapu, surtout parce que l’augmentation en largeur des péréionites 1 à 5 est plus progres¬ sive ; — le bord frontal antérieur est plus obtus que chez Meinertia oestroides ; — chez Meinertia oestroides, il existe une zone sombre postcéphalique qui semble ne pas exister chez Meinertia capri. Taille Pullus secundus : 2,5 à 3,5 mm de longueur totale. Individus en phase sexuelle mâle : 6 à 7 mm de longueur totale. Individus en phase sexuelle femelle : 13 à 20 mm de longueur totale. CONCLUSIONS Cette première partie de notre inventaire faunistique et écologique des Cymothoidae des côtes de. France concerne uniquement les représentants de la tribu des Ceratothoinae Schiœdte et Meinert, 1883 (« Cymothoadiens buccaux » Trilles, 1968). Sept espèces ont été inventoriées et étudiées : — l’une, Emetha audouini (Edwards, 1840), est le seul représentant actuellement connu du genre Emetha Schiœdte et Meinert, 1883 ; — les autres appartiennent au genre Meinertia Stebbing, 1893 ( Meinertia parallela, Meinertia oestroides, Meinertia oxyrrynchaena, Meinertia italien, Meinertia steindachneri et Meinertia, capri). Toutes ces espèces sont signalées de la Méditerranée, mais seulement quatre ( Mei¬ nertia parallela, Meinertia oestroides, Meinertia italica et Meinertia steindachneri) sont également connues de l’Atlantique. Parmi ces sept espèces, quatre ( Emetha audouini, Meinertia parallela, Meinertia oes¬ troides et Meinertia itcdica) se retrouvent également dans l’Adriatique. L’une ( Meinertia oxyrrynchaena ) présente une aire de répartition très étendue, puisqu’elle a été successive¬ ment signalée au niveau du Pacifique (Japon et Chine) et en Méditerranée. Distribution des espèces étudiées Espèces Méditerranée Atlantique Adriatique Pacifique Emetha audouini . + + Meinertia parallela . + + + Meinertia oestroides . + + + Meinertia oxyrrynchaena . + + Meinertia italica . + + + Meinertia steindachneri . + + Meinertia capri . + 1220 JEAN-PAUL TRILLES En ce qui concerne plus particulièrement leur parasitisme sur les poissons, on peut remarquer que les caractères de leur distribution sont très variables d’une espèce à l’autre ; certaines, comme Meinertia oestroides par exemple, sont bien plus ubiquistes que d’autres (par exemple Meinertia capri). Mais il est intéressant d’observer que la majorité de ces espèces (puisque seule l’espèce Meinertia capri n’est pas dans ce cas) paraissent parasiter préférentiellement des Maenidae ou des Sparidae, et ceci dans l’ensemble do leur aire de répartition géographique. CYMOTHOIDAE DES COTES FRANÇAISES 1221 RÉFÉRENCES RIBLIOGRAPHIQUES Amar, R., 1951. — Isopodes marins de Banyuls. Vie Milieu, 2 (4) : 529-530. Balcells, R., 1953. — Sur des Isopodes parasites de poissons. Vie Milieu, 4 (3) : 547-552. Barcelô y Combis, F., 1875. — Apuntes para la Fauna Balear. Catâlogo de los Crustâceos mari- nos observados en las costas de las Islas Baléares. Mems R. Soc. esp. Hist. nat., 4 : 53-68. Barrois, Th., 1887. — Note préliminaire sur la Faune Carcinologique des Açores. Imprimerie Le Bigot Frères, Lille : 1-14. Barrois, Th., 1888. — Catalogue des Crustacés marins recueillis aux Açores, durant les mois d’Aoùt et Septembre 1887. Imprimerie Le Bigot Frères, Lille : 1-110, pl. I-IV. 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Individu en phase sexuelle femelle. Vue latérale. 6, Meinertia oestroides (Risso, 1826). Individu en phase sexuelle femelle. Vue dorsale. 7, Meinertia oestroides (Risso, 1826). Individu en phase sexuelle femelle. Vue latérale. 8, Meinertia oestroides (Risso, 1826). Individu en phase sexuelle femelle. Vue ventrale. 9, Meinertia oestroides (Risso, 1826) et Meinertia oxyrrhynchaena (Koelbel, 1878). Péréiopodes 7 des individus en phase sexuelle femelle. PLANCHE I 1226 JEAN-PAUL TRILLES PLANCHE II 10, Meinertia italica (Schioedte et Meinert, 1883). Individu en phase sexuelle femelle et en phase sexuelle mâle. Vue dorsale. 11, Meinertia italica (Schioedte et Meinert, 1883). Individu en phase sexuelle femelle. Vue latérale. 12, Meinertia italica (Schioedte et Meinert, 1883). Individu en phase sexuelle femelle ovigère. Vue ventrale. 13, Meinertia oxyrrhynchaena (Koelbel, 1878). Individu en phase sexuelle femelle. Vue dorsale. 14, Meinertia oxyrrhynchaena (Koelbel, 1878). Individu en phase sexuelle femelle. Vue latérale. 15, Meinertia steindachneri (Koelbel, 1878). Individu en phase sexuelle femelle. Vue dorsale. 16, Meinertia steindachneri (Koelbel, 1878). Individu en phase sexuelle femelle. Vue latérale. 17, Meinertia capri Trilles, 1964. Individu en phase sexuelle femelle. Vue dorsale. PLANCHE II 1228 JEAN-PAUL TRILLES PLANCHE III 18, Emetha audouini (Edwards, 1840). Individu en phase sexuelle mâle. Vue dorsale. 19, Meinertia parallela (Otto, 1828). Individu en phase sexuelle mâle. Vue dorsale. 20, Meinertia oestroides (Risso, 1826). Individu en phase sexuelle mâle. Vue dorsale. 21, Meinertia oxyrrhynchaena (Koelbel, 1878). Individu en phase sexuelle mâle. Vue dorsale. 22, Meinertia capri Trilles, 1964. Individu en phase sexuelle mâle. Vue dorsale. 23, Meinertia steindachneri (Koelbel, 1878). Individu en phase sexuelle mâle. Vue dorsale. PLANCHE III Achevé d’imprimer le 30 mai 1973. Les Cymothoidae (Isopoda, Flabellifera) du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris Étude critique accompagnée de précisions en particulier sur la répartition géographique et l’écologie des différentes espèces représentées I. Les Ceratothoinae Schiœdte et Meinert, 1883 par Jean-Paul Trilles * Résumé. — Ce travail est le résultat d’une étude critique des spécimens de Ceratothoinae (Isopoda, Flabellifera, Cymothoidae) de la collection d’Isopodes du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Quinze espèces ont été inventoriées. Pour chacune d’entre elles, des précisions sont données sur la répartition géographique et l’habitat parasitaire. Abstract. — The speeimens of Ceratothoinae (Isopoda, Flabellifera, Cymothoidae) belonging to the collection of the National Muséum of Natural History of Paris are investigated. Fifteen species are identified. The geographical distribution and parasitical habitat are precised for every one of them. Grâce à l’amabilité de M me D. Guinot et de MM. les Professeurs J. Forest et Th. Monod, nous avons l’occasion d’examiner tous les spécimens de Cymothoidae (Isopoda, Flabellifera — Parasites de poissons) de la collection d’Isopodes du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Jusqu’à présent, tous ces exemplaires étaient regroupés en trois grands ensembles : spécimens déterminés de la « collection de référence », spécimens indéterminés, spécimens (déterminés ou indéterminés) de la collection de M. le Professeur Th. Monod. Il était donc intéressant d’essayer de réaliser un inventaire global et critique de l’ensemble des échantillons. Dans cette première publication, nous étudions les Cymothoadiens de la tribu des Ceratothoinae sensu Schiœdte et Meinert, 1883. Tous les spécimens de la collection appartenant à cette tribu ont été examinés ; une étude critique des déterminations existantes a été effectuée ; les exemplaires non encore déterminés l’ont été. Pour toutes les espèces représentées, des recherches bibliographiques nous permettent également d’indiquer les caractéristiques actuellement connues de leur écologie et de leur distribution géographique. A la suite de cette étude, et pour essayer de faciliter les recherches ultérieures, tous les tubes ont été pourvus d’une étiquette sur laquelle on pourra trouver : * Groupe d’Écophysiologie, Laboratoire de Physiologie des Invertébrés, Université des Sciences et Techni¬ ques du Languedoc, 34000 Montpellier. 1232 JEAN-PAUL TRILLES — un numéro d’ordre par échantillon ou par groupe d’échantillons (numéro qui corres¬ pond à celui que nous avons fait figurer dans ce travail) ; — l’origine du ou des spécimens : CR (collection de référence), CM (collection Th. Monod), I (indéterminés) ; — le nom de genre et le nom d’espèce avec la date de notre détermination ; — la phase sexuelle des animaux considérés : pullus, $ (transition) et $. De la même façon, dans notre texte, nous faisons figurer à la suite des caractéristiques du spécimen concerné : son origine (CR, CM ou I) et les indications portées sur les étiquettes déjà existantes. Cette partie de la collection correspond à 82 tubes renfermant des exemplaires que l’on peut ranger dans 15 espèces différentes. Ces dernières se répartissent inégalement entre quatre genres : Emetha Schiœdte et Meinert, 1883, Meinertia Stebbing, 1893, Ceratothoa Dana, 1853, Rhexanella Stebbing, 1911. Genre EMETHA Schiœdte et Meinert, 1883 Emetha audouini (Edwards, 1840) A l’heure actuelle, Emetha audouini est la seule espèce connue du genre Emetha. Pour la synonymie de cette espèce et les diverses mentions dont elle a été l’objet nous renvoyons à notre travail sur les Ceratothoinae des côtes françaises (Trilles, 1972). Répartition géographique Ce Cymothoadien a été observé et signalé de nombreuses fois en Méditerranée (Edwards, 1840 ; IIope, 1851 ; Schiœdte et Meinert, 1883 ; Carus, 1885 ; Gourret, 1891 ; Ger- staecker, 1901 ; Dudich, 1931 ; de Scalzi, 1941 ; Montalenti, 1941 et 1948 ; Amar, 1951 ; Euzet et Trilles, 1961 ; Trilles, 1962, 1964 et 1968 ; Quintard-Dorques, 1966 ; Berner, 1969). Il est présent également dans l’Adriatique (Heller, 1866 ; Stalio, 1877 ; Stossich, 1880 ; Schiœdte et Meinert, 1883 ; Carus, 1885 ; Bovallius, 1885 ; Gerstaecker, 1901). Habitat parasitaire Il semble qu’ Emetha audouini parasite essentiellement les Maenidae (Schiœdte et Meinert, 1883 ; de Scalzi, 1941 ; Montalenti, 1941 et 1948 ; Amar, 1951 ; Quintard- Dorques, 1966 ; Trilles, 1968) ou les Sparidae (Gourret, 1891 ; Montalenti, 1948 ; Amar, 1951). Liste des spécimens N° 1 : 1 Ç ovigère, L.T. 16 mm (l’exemplaire est un peu replié sur lui-même). (CR) — Cymothoa audouinii Edw., Méditerranée, type. CYMOTHOIDAE DU MUSÉUM DE PARIS 1233 N° 2 : 1 Ç non ovigère, L.T. 15 mm. (CR) — Cymothoa audouinii, Méditerranée, Milne Edwards. N° 3 : 1 Ç non ovigère, L.T. 13 mm. (I) — Algérie, A. Théry, 1904. N° 4 : 1 Ç ovigère, L.T. 9 mm. (CM) - — Meinertia oestroides , Monaco, octobre 1922. Coll. Th. Monod n° 46. Dans le même tube se trouvent de nombreux autres échantillons de Cymothoadiens : 3 Ç de Meinertia oestroides, 2 (J de Meinertia oestroides, 3 Ç de Meinertia parallela, 1 £ de Meinertia paral- lela et 1 de Mothocya epimerica. Remarques Il est possible que le spécimen n° 1 soit le type de la Cymothoé d’AuDoura de Edwards, mais pour pouvoir l’affirmer avec plus de certitude il faudrait le mesurer avec plus de pré¬ cision, ce qui est actuellement impossible. En effet, Edwards (1840) indique bien : « Habite la Méditerranée », mais également « longueur environ 10 lignes », ce qui correspond à une taille plus importante (22,5 mm environ) que celle que nous indiquons (16 mm). Il n’est pas impossible que cette différence de taille soit attribuable, en partie au moins, à l’état un peu replié de l’échantillon. En ce qui concerne le spécimen n° 2, nous pouvons par contre affirmer qu’il ne s’agit pas du type de l’espèce. Genre MEINERTIA Stebbing, 1893 Meinertia oestroides (Risso, 1826) Cette espèce a été signalée de très nombreuses fois et nous renvoyons également à notre tra¬ vail sur les Ceratothoinae français pour l’importante synonymie correspondante et le détail des diverses mentions dont elle a été l’objet. Répartition géographique L’espèce a été décrite pour la première fois de Nice et des Alpes-maritimes par Risso (1826). Par la suite, elle a été signalée : — en Méditerranée (Edwards, 1840 ; White, 1847 ; Lucas, 1849 ; Hope, 1851 ; Barcelô y Combis, 1875 ; Taschenberg, 1879 ; Schiœdte et Meinert, 1883 ; Carus, 1885 ; Odôn de Buen, 1887 ; Barrois, 1888 ; Monticelli, 1890 ; Gourret, 1891 ; Ger- staecker, 1901 ; Nierstrasz, 1915 ; Odôn de Buen, 1916 ; Gibert i Olivé, 1919 ; Monod, 1923a, b, c ; Montalenti, 1948 ; Amar, 1951 ; Houdemer, 1951 ; Bal- cells, 1953 ; Euzet et Trilles, 1961 ; Trilles, 1962, 1964 et 1968 ; Quintard- Dorques, 1966 ; Berner, 1969 ; Roman, 1970 ; Trilles et Raibaut, 1971) ; — dans l’Adriatique (Heller, 1866 ; Stalio, 1877 ; Stossich, 1880 ; Carus, 1885 ; Ger- staecker, 1901 ; Dudich, 1931) ; 1234 JEAN-PAUL TRILLES •— dans l’Atlantique (Barrois, 1887 ; Bonnier, 1887 ; Barrois, 1888 ; Koelbel, 1892 ; Dollfus, 1922 ; Monod, 1923 ; Monod, 1923, 1924 ; Bolivar, 1892 ; Trilles, 1968). Habitat parasitaire L’espèce Meinertia oestroides parasite préférentiellement des Sparidae (Schiœdte et Meinert, 1883 ; Barrois, 1887 ; Taschenberg, 1879 ; Monod, 1923 ; Montalenti, 1948 ; Amar, 1951 ; Balcells, 1953 ; Trilles, 1968 ; Berner, 1969 ; Roman, 1970 ; Trilles et Raibaut, 1971) ou des Maenidae (Gourret, 1891 ; Montalenti, 1948 ; Amar, 1951 ; Balcells, 1953 ; Trilles, 1962 ; Quintard-Dorques, 1966 ; Berner, 1969 ; Trilles, 1968 ; Roman, 1970). Mais on peut la rencontrer également sur diverses autres espèces de poissons (Lucas, 1849 ; Heller, 1866 ; Stalio, 1877 ; Stossich, 1880 ; Bonnier, 1887 ; Koelbel, 1892 ; Gibert i Olive, 1919-1920 ; Dollfus, 1922 ; Balcells, 1953 : Trilles, 1962 ; Berner, 1969 ; Roman, 1970 ; Trilles et Raibaut, 1971). Liste des spécimens N° 5 : 2 $ ovigères, L.T. 20 mm chacune. (CR) —- Ceratothoa oestroides Risso, Nice. N° 6 : 2 $ ovigères, L.T. 20 et 22 mm. (CR) — Cymothoa oestroides Risso, type, Médi¬ terranée. Dans le même tube se trouve une $ non ovigère de Meinertia parallela (Otto). N° 7 : 1 $ ovigère, L.T. 21 mm. (CR) — Cymothoa oestroides Edw., Nice, M. Edwards. Dans le même tube existe un échantillon ? non ovigère de Meinertia parella, L. T. 19 mm. N° 8 : 1 Ç ovigère, L.T. 15 mm et 1 $ non ovigère, L.T. 21 mm. (CR) — Ceratothoa oes¬ troides Risso, Italie, Coste. N° 9:1$ ovigère, L.T. 13 mm. (CR) — Ceratothoa oestroides Risso. N° 10 : 3 $ ovigères, L.T. 28, 22 et 12,5 mm. 2 $ non ovigères, L.T. 22 et 13 mm. (I) — Ile du Cap Vert, de Cessac, 1900, St Antonio, Poisson, Dobruda, dans la bouche d’un poisson. N° 11 : 3 $ dont 2 ovigères, L.T. 19 et 20,5 mm et 1 non ovigère, L.T. 18 mm. (I) —- Cimo- thoa, Banks, 1852. Dans le même tube se trouvent : 2 Ç de Meinertia parallela, 1 $ de Cymothoa indéterminé pour l’instant, 1 (J d 'Anilocra physodes et 1 spécimen disséqué, indéterminable avec précision (mais il s’agit probablement d’une Ç d ’Anilocra physodes). N° 12 : 1 $ ovigère, L.T. 18 mm. (I) — Carry, Vayssière, 1907. Dans le même tube, nous avons reconnu l’existence : de 2 Ç de Nerocila bivittata, de 2 Ç de Meinertia parallela, d’un stade de transition de Meinertia parallela, d’un Amphipode et de 2 Isopodes libres indéterminés. N° 13 : 1 $ non ovigère, L.T. 28 mm. (I) -— Guéthary, Chevreux, 1908, sur un Gade. N° 14 : 1 Ç ovigère, L.T. 24 mm. (I) -— Guadeloupe, Serville. CYMOTHOIDAE DU MUSEUM DE PARIS 1235 N° 15:1$ non ovigère, L.T. 17 mm. (I) — Algérie, golfe de Philippeville, A. Théry, 1904. N° 16 : 1 Ç ovigère, L.T. 12 mm. (I) — Cymothoa, Italie, M. Coste. Dans le même tube se trouvent 3 Ç ovigères de Meinertia parallela et 1 de la même espèce. N° 17 : 1 $ ovigère, L.T. 12 mm. (CM) — 23-vu-23, Codonophilus oestroides (Risso), Monod dét., Maroc, ds la bouche de... Coll. Th. Monod n° 694. N° 18 : 1 Ç non ovigère, L.T. 15 mm. (CM) — Bouche Sargus annularis , Adiem, 23- ix-30. Coll. Th. Monod n° 683. N° 19 : 1 $ ovigère, L.T. 12,5 mm. (CM) — loc. ? Coll. Th. Monod n° 107. Dans le même tube se trouvent 1 g de Nerocilia et 1 Isopode Eurydicidae. N° 20 : 1 $ qui a déjà émis ses pulli, L.T. 24 mm. 1 <$, L.T. 11 mm ; de nombreux pulli IL (CM) — Monaco, octobre 1922. Coll. Th. Monod n° 48. N° 21 : 1 Ç ovigère, L.T. 29 mm ; 1 L.T. 8 mm ; quelques pulli IL (CM) — Meinertia oestroides, Monaco, octobre 1922. Coll. Th. Monod n° 49. N° 22 : 1 Ç ovigère, L.T. 19 mm ; 1 L.T. 13 mm. (CM) — Lagune de Moulaybou Selham, Maroc, V. Besnard, 1930. Coll. Th. Monod n° 56. En plus des échantillons que nous venons de passer en revue, nous rappelons que dans le tube n° 4 se trouvent quelques exemplaires de l’espèce Meinertia oestroides parmi d’autres échantillons appartenant aux espèces Emetha audouini, Meinertia parallela et Mothocya epimerica. N° 4 : 2 $ jeune, L.T. 20 et 18 mm : 1 Ç ovigère, L.T. 19 mm ; 2 L.T. 10 et 9,5 mm. (CM) — Meinertia oestroides, Monaco, octobre 1922. Coll. Th. Monod n° 46. Remarques Parmi les spécimens n° 5 et n° 6 se trouve certainement le type de l’espèce décrite par Risso de Nice et des Alpes-maritimes. En effet, l’auteur indique dans son texte : « La femelle est un peu plus grosse, long. 0,020 ». En ce qui concerne l’échantillon n° 7 récolté à Nice par Edwards, on peut remarquer que sa taille ne correspond pas à la longueur qu’indique l’auteur dans son « Histoire Naturelle des Crustacés » (1840) pour l’espèce Cymothoé oestroïde : « longueur, environ 1 pouce ». On peut d’autre part observer que les échantillons n° 10 et n° 14 étendent l’aire de répartition de l’espèce : — aux côtes atlantiques américaines (mer des Antilles — Guadeloupe) (n° 14) ; — plus au sud au niveau des côtes atlantiques d’Afrique (Monod, 1923 : « Cette espèce se rencontre... au moins jusqu’au Cap Blanc ») puisque les échantillons n° 10 ont été récol¬ tés au niveau des îles du Cap Vert. 1236 JEAN-PAUL TRILLES Meinertia parallela (Otto, 1828) Comme pour les deux espèces précédentes, pour la synonymie concernant l’espèce Meinertia parallela nous renvoyons à notre travail déjà cité. Répartition géographique L’espèce Meinertia parallela a été décrite pour la première fois de la Méditerranée (« Nizza ») par Otto (1828). A l’heure actuelle, elle est connue : — de la Méditerranée (Edwards, 1840; Lucas, 1849; IIope, 1851; Schicbdte et Mei- nert, 1883 ; Carus, 1885 ; Gourret, 1891 ; Gerstaecker, 1901 ; Gibert i Olive, 1919-1920 ; Montalenti, 1948 ; Amar, 1951 ; Szidat, 1955 et 1956 ; Euzet et Trilles, 1961; Trilles, 1964 et 1968; Berner, 1969); — de l’Adriatique (Heller, 1866 ; Stalio, 1877 ; Stossich, 1880 ; Schiœdte et Meinert, 1883 ; Carus, 1885 ; Gerstaecker, 1901); — de l’Atlantique (Schiœdte et Meinert, 1883 ; Koelbel, 1892 ; Bolivar, 1892 ; Trilles, 1968). Habitat parasitaire L’espèce Meinertia parallela a été récoltée sur divers poissons (Edwards, 1840 ; Sta¬ lio, 1877) et en particulier, sur « Esocis Belonis » (Schiœdte et Meinert, 1883), des Mul- lus (Gibert i Olive, 1919-1920), des Gades (Amar, 1951) et des Merlus (Belloc, 1929; Szidat, 1955). Mais ce Cymothoadien paraît surtout parasiter des Sparidae (Otto, 1828 ; Edwards, 1840 ; Stalio, 1877 ; Stossich, 1880 ; Schicbdte et Meinert, 1883 ; Koelbel, 1892 ; Gibert i Olivé, 1919-1920 ; Montalenti, 1948 ; Euzet et Trilles, 1961 ; Trilles, 1964 et 1968 ; Berner, 1969) et des Maenidae (Gourret, 1891 ; Gibert i Oi.ivé, 1919-1920 ; Montalenti, 1948 ; Amar, 1951 ; Berner, 1969). Liste des spécimens N° 23 : 1 Ç ovigère, L.T. 15 mm ; 1 Ç non ovigère, L.T. 12 mm. (CR) — Ceratothoa paral¬ lela, Italie, Coste. N° 24 : 1 $ non ovigère, L.T. 19 mm. (CR) — Ceratothoa parallela, Oran, Bravais. N° 25 : 2 $ ovigères, L.T. 26 et 25 mm. 1 $ non ovigère, L.T. 26 mm. (I). N° 26 : 4 Ç ovigères, L.T. 13, 12, 12 et 11 mm ; 1 $ non ovigère, L.T. 11 mm ; 1 stade de transition, L.T. 9 mm ; 3 $ jeunes, L.T. 6, 5,5 et 4,5 mm. (I) — Port d’Alger, G. Seurat, 1907. Avec ces spécimens se trouve une Ç jeune d 'Anilocra frontalis non ovigère. CYMOTHOIDAE DU MUSÉUM DE PARIS 1237 N° 27 : 1 $ ovigère, L.T. 17,5 mm. (CM) — Baléares, A. Gruvel coll. Coll. Th. Monod n° 117. Dans le même tube existe une $ ovigère de Meinertia steindachneri. A côté de ces spécimens, la collection du Muséum comprend d’autres échantillons que nous avons déjà signalés, car ils sont regroupés avec des représentants d’autres espèces et en particulier Emetha audouini et Meinertia oestroides. Rappelons-les : N° 4:2? ovigères, L.T. 16 et 15 mm ; 1 Ç non ovigère, L.T. 15 mm ; 1 L.T. 10 mm. (CM) — Meinertia oestroides, Monaco, octobre 1922. Coll. Th. Monod n° 46. N° 6 : 1 $ ovigère, L.T. 20 mm. (CR) — Cymothoa oestroides Risso, type, Méditerranée. N° 7 : 1 $ non ovigère, L.T. 19 mm. (CR) — Cymothoa oestroides Edw., Nice, M. Edwards. N° 11 : 1 $ ovigère, L.T. 18 mm ; 1 $ non ovigère, L.T. 15 mm. (I) —- Cimothoa, Banks, 1852. N° 12 : 2 Ç ovigères, L.T. 19 et 15 mm ; 1 stade de transition, L.T. 12 mm. (I) — Carry, Vayssière, 1907. N° 16 : 3 $ ovigères, L.T. 14, 14 et 13 mm; 1 $, L.T. 8 mm. (I) —- Cymothoa, Italie, M. Coste. Remarques Le spécimen n° 7 (L.T. 19 mm) ne correspond certainement pas à celui qu’EDWARDS décrit dans son texte. L’auteur indique en effet :